Questions à J.M. Le Pen sur la répression envers les automobilistes
12/04/2007 17:51 par amarine
Jean-Marie Le Pen a été le premier à répondre à notre sollicitation, suivi de Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal et enfin François Bayrou, d'où l'ordre des réponses à nos questions.
A la suite de ce questionnaire, il ressort que Jean-Marie Le Pen est le plus enclin à revoir tout le dispositif du permis à points et de la répression à l'encontre des automobilistes. Il est le seul à vouloir maintenir l'amnistie pour les petits délits.
A noter que François Bayrou et Jean-Marie Le Pen sont d'accord pour augmenter la vitesse de 20 km/h sur autoroute sous certaines conditions et rejettent l'ostracisme anti-jeunes consistant à ne leur accorder au départ que 6 points sur leur permis.
Question 1
- Webcarcenter : Etes-vous d'accord pour abolir la suppression de points sur le permis quand l'infraction ne s'assimile pas à une conduite dangereuse (port de la ceinture, petit excès de vitesse...)?
Jean-Marie Le Pen : Oui. Je suis partisan d’un assouplissement pouvant aller jusqu’à la suppression du système de points.
Question 2
- Webcarcenter : Etes-vous d'accord pour supprimer les contrôles radar sur zones non accidentogènes, considérés exclusivement comme pièges à fric?
Jean-Marie Le Pen : Oui. Les radars fixes ne doivent être implantés que dans les zones où ils se justifient par leur caractère dissuasif, et donc être correctement signalés, ne serait-ce que pour éviter qu’ils ne deviennent eux-mêmes accidentogènes (freinages intempestifs…). De plus, leur impact doit être évalué (baisse réelle du nombre et de la gravité des accidents), la décision de les maintenir ou de les enlever dépendant de cette évaluation.
Question 3
- Webcarcenter : Etes-vous d'accord pour plus de rigueur dans l'interpellation des véhicules mal identifiés lors d'un contrôle radar ?
Jean-Marie Le Pen : Oui. Il est inadmissible que le processus « constatation de l’infraction – sanction » soit totalement automatisé, c'est-à-dire déshumanisé, et que les personnes verbalisées ne puissent contester les erreurs produites pas des machines qu’en payant ou en dénonçant un autre conducteur. La « justice » doit être rendue par des hommes.
Question 4
- Webcarcenter : Etes-vous d'accord pour moduler la vitesse sur autoroute à la manière allemande? (Sur les portions non limitées, les camions n'ont pas le droit de se doubler).
Jean-Marie Le Pen : Oui. Je suis favorable à une modulation de la vitesse et à un relèvement de la vitesse à 150 km/h sur les autoroutes en fonction des conditions météo et de la nature des lieux, notamment sur les portions à trois voies qui ne présentent pas de danger immédiat.
Question 5
- Webcarcenter : Etes-vous d'accord pour instituer une visite médicale à partir d'un certain âge (à définir – 75 ans par exemple – pour un contrôle de vision, d'audition et cardiaque)?
Jean-Marie Le Pen : Oui. L’âge ou les modalités précises restent effectivement à définir, mais la capacité de réaction du conducteur est un facteur important de prévention.
François Bayrou : Conduire un véhicule demande certaines aptitudes notamment physiques, vision la nuit, réflexe, ouie, il semblerait raisonnable que passé l’âge de 70ans, l’on passe une visite médicale d’aptitude à la conduite.
Question 6
- Webcarcenter : Etes-vous d'accord pour un contrôle plus sévère du comportement des camions sur autoroute?
Jean-Marie Le Pen : Oui. Il arrive de plus en plus souvent de voir des poids lourds, notamment à immatriculation étrangère et sans doute ignorant de notre code de la route, doublant sur la 3ème voie, qui leur est strictement interdite, ou déboitant sans se soucier des priorités.
Question 7
- Webcarcenter : Etes-vous d'accord pour supprimer la discrimination envers les jeunes conducteurs et attribuer le même nombre de points à tout le monde sur le permis?
Jean-Marie Le Pen : Oui, si l’on conserve le système de permis à points. Les jeunes conducteurs peuvent être soumis à certaines restrictions (limitations de vitesse par exemple) le temps qu’ils acquièrent une expérience de la conduite et de l’usage de la route. Mais à partir du moment où ils ont été jugés aptes à conduire, ils doivent bénéficier du même « crédit d’infraction » que les autres automobilistes.
Question 8
- Webcarcenter : Etes-vous d'accord pour une amnistie des infractions n'ayant entraîné aucun accident, hors contrôle positif d'alcoolémie?
Jean-Marie Le Pen : Je suis pour l'amnistie de toutes les infractions n'ayant pas mis en danger la vie d'autrui.
Voici les réflexions qui ont motivé les 8 questions à nos quatre présidentiables vedettes.
Les accidents de la route sont un fléau et en France le gouvernement a décidé de s'attaquer au problème en menant une répression totale mais pour beaucoup de monde, sans discernement. Surtout sans analyser les causes profondes.
Une sanction juste est une sanction acceptée. En partant de ce principe, ceux qui mènent la chasse à tous les automobilistes devraient s'interroger sur le fait qu'ils déclenchent à leur égard une réaction unanime de rejet. Et des dizaines de milliers de travailleurs ont perdu leur emploi en perdant les 12 points de leurs permis. Mais les plus riches ont recours à des avocats spécialisés qui leur font restituer immédiatement leurs cartons rose. Voilà la preuve d'une nouvelle injustice et d'une incompréhension totale entre des politiciens déconnectés de la réalité et la population en général.
Bien sûr, il est facile de se retrancher derrière des chiffres et se gargariser d'une baisse du nombre de morts sur nos routes, en accaparant tout le bénéfice de cette statistique, mais c'est là une tromperie. En fait, la raison première est l'amélioration de la sécurité de nos voitures, et les constructeurs sont les premiers à être félicités. Sécurité active (tenue de route, freinage ABS, contrôle de trajectoire...) et sécurité passive (ceinture à prétentionneur, airbags, barre anti-intrusion, zones déformables, cellule indéformable...) n'ont fait que progresser rendant l'accident moins meurtrier. D'ailleurs, c'est le nombre de morts qui est pris en compte par nos gouvernants, pas le nombre des accidents en général, parce que tout simplement la prolifération des radars ne l'a pas fait régresser. La preuve, il y a plus de blessés qu'avant.
Notons aussi que notre réseau routier s'améliore, que certains points noirs disparaissent, d'où un risque moindre d'accidents compte tenu que le parc automobile augmente chaque année, mais que le trafic ne progresse plus.
Nous préconisons donc que les règles concernant le permis à points soient revues en profondeur en fonction de la réalité des choses. Il est complètement irrationnel qu'un automobilistes, qui auraient perdu 12 points parce qu'il s'est fait prendre 12 fois sans sa ceinture attachée, doive repasser son examen de permis de conduire. D'abord, il n'a mis la vie de personne en jeu, sinon la sienne et encore avec une très infime probabilité, et surtout en quoi aurait-il besoin de passer par une auto école? En revanche, celui qui se reprend à 12 fois pour finalement rater un créneau aurait besoin de leçons supplémentaires. Mais là, que fait le ministère public? Et puis celui qui passe 6 fois devant un radar avec quelques kilomètres heure en trop, sur une ligne droite d'autoroute à trois voies sans affluence, serait-il un assassin en puissance à qui le permis doit être ôté? On sait que les accidents n'arrivent pas dans ces conditions là. En général, sur les autoroutes, les convois de camions sont très souvent impliqués dans les carambolages à cause de leurs comportements. Que fait la police de la route pour les corriger? Pas suffisamment.
En revanche par temps de brouillard ou de forte pluie, beaucoup d'automobilistes roulent encore trop vite, mais où sont les contrôles? Même réflexion dans les agglomérations où il n'y a pas besoin de radar pour constater une conduite dangereuse.
Enfin, les radars n'ont aucun pouvoir de dissuasion contre les conducteurs ivres, drogués ou sous l'emprise de médicaments, et dès lors la vitesse n'est plus en cause, mais la maîtrise de soi. 10 km/h, c'est déjà trop. C'est pourquoi, nous interpellons quatre présidentiables, ceux qui ont une chance de se retrouver au second tour, pour qu'ils nous fassent part de leurs intentions, après avoir assimilé nos remarques, et des mesures qu'ils comptent prendre, une fois arrivés au pouvoir, afin de rétablir plus d'équité dans le contrôle du comportement des automobilistes.
Interview de Marine Le Pen
11/04/2007 19:00 par amarine
" Campagne présidentielle " avec Marine Le Pen
" Il n’a jamais été question que je me présente en 2007, il est apparu au FN et à ses électeurs que J.-M. Le Pen était le meilleur candidat."
Question de Laura :
Que pensez-vous de la déclaration de votre père sur Nicolas Sarkozy "C’est un candidat qui vient de l’immigration. Moi, je suis un candidat qui vient du terroir" ?
Marine Le Pen : Je crois qu’il a répondu ainsi à Nicolas Sarkozy qui n’a eu de cesse pendant toute la campagne de mettre en avant ses origines étrangères, alors même qu’il avait fait des déclarations indiquant qu’il refusait le communautarisme, cette manière de renvoyer chaque Français à ses origines, c’est exactement le choix du communautarisme contre le choix de l’unité de la République qui est le nôtre, et qui consiste à ne pas faire de différence entre les Français quelles que soient leur race, leur religion, leurs origines, leurs options philosophiques.
Question de Polo :
Votre père ce week-end vient de faire un grand cadeau à Sarkozy, en parlant des origines de ce dernier. Pensez-vous qu’on va élire à la plus haute fonction un homme qui n’existe politiquement que par l’invective ?
Marine Le Pen : Je ne vois pas où se situe l’invective dans le fait pour J.-M. Le Pen de reprendre les propos de Nicolas Sarkozy, d’autant que l’argument de ses origines étrangères justifie dans l’esprit de N. Sarkozy la politique d’immigration qu’il a mise en place depuis cinq ans, comme si en quelque sorte il existait un déterminisme qui obligerait les Français d’origine étrangère à être pour l’immigration choisie qu’il préconise. Nous pensons l’inverse, et J.-M. Le Pen a, tout au long de la campagne, adressé des signaux très clairs à destination des Français d’origine immigrée pour leur dire qu’ils avaient toute leur place en France, qu’ils soient d’origine européenne ou extra-européenne.
Question de Premiérep :
Bonjour, pourquoi ne vous être pas présentée vous-même ? Vous réserveriez-vous pour 2012 ? Dans ce cas, si Monsieur Sarkozy réussit à faire le "nécessaire boulot" sans trop d’anicroches, ne craignez-vous pas que cela soit sans espoir...? Avec mes hommages.
Marine Le Pen : Il n’a jamais été question que je me présente en 2007, il est apparu au FN et à ses électeurs que J.-M. Le Pen était le meilleur candidat, je crois hélas que si N. Sarkozy est élu, ceux qui auront voté pour lui en pensant qu’il "ferait le boulot", seront une nouvelle fois les cocus de l’élection et regretteront amèrement de ne pas avoir choisi l’original plutôt que la copie.
Question de Kastor :
Quelle est votre influence réelle sur votre père ? On voit qu’il vous écoute pour renouer le dialogue (à l’image d’Argenteuil), mais il sent qu’il a du mal à toujours vous suivre sur ce terrain ?
Marine Le Pen : Chacun a sa personnalité, je n’ai pas l’orgueil de penser que j’ai une influence plus importante que d’autres conseillers auprès de lui, j’essaie de défendre mon point de vue, mais J.-M. Le Pen est, au-delà de tout, un homme libre, qui se détermine en fonction de ses convictions propres.
Question de Gerard :
Bonjour Marine, vous représentez un FN plus "soft ", c’est une stratégie voulue pour arriver au pouvoir ou aller dans des gouvernements, ou cela est dû votre personnalité plus tolérante, ou en accord avec notre époque ?
Marine Le Pen : Je suis une femme de mon époque, il est possible que j’aie dans certains domaines des positions plus softs que d’autres, mais en l’occurrence il ne s’agit pas d’une stratégie, et surtout pas d’une stratégie visant à servir de renfort à un gouvernement style UMP qui défend des options politiques très divergentes des nôtres, puisqu’ils sont européistes, communautaristes, pour l’immigration, et atlantistes, ce qui est très éloigné de notre vision et de notre projet pour la France.
Question de Lore :
Je suis avocate et j’ai remarqué, dans les années 1990, que vous défendiez beaucoup de jeunes des cités devant la Justice. Pourquoi avoir choisi le parti de l’extrême droite pour vous engager politiquement ?
Marine Le Pen : Je n’aime pas ce terme d’extrême droite, je le trouve inadéquat et injuste, et j’ai été amenée, lorsque j’étais avocate, à défendre des sans-papiers, ce qui n’est en aucun cas contradictoire avec les idées politiques que je défends ; en effet, si nous avons toujours dit vouloir lutter contre l’immigration, nous avons rappelé sans cesse qu’il ne s’agissait en aucun cas de s’en prendre aux immigrés qui, à titre individuel, ont bien entendu le droit d’avoir une défense lorsqu’ils sont devant les tribunaux.
Question d’Yves78 :
Converti à l’islam, j’aimerais savoir si mes enfants pourront manger du hallal à la cantine scolaire. Merci de répondre.
Marine Le Pen : Non, nous pensons que l’école républicaine est laïque, qu’elle doit le rester, et évidemment à l’égard de l’ensemble des religions, et qu’en revanche, si l’on veut que ses enfants puissent être dans une école qui respecte ses principes religieux, on a la possibilité, dans ce cas, de se tourner vers l’enseignement privé.
Question de Liamone :
Réalisez-vous que votre parti est actuellement le seul, avec le MPF, qui incarne les idéaux des collaborateurs du maréchal Pétain ? Ces idées sont entretenues depuis la Libération par le journal "Rivarol". Pensez-vous que la France puisse bâtir quelque chose en s’appuyant sur ces "valeurs" ?
Marine Le Pen : Je ne me sens absolument et définitivement aucun point commun avec la collaboration avec l’Allemagne nazie, et je me permets de vous informer que le chef du réseau FFI du Morbihan vient de témoigner que J.-M. Le Pen, à seize ans, a cherché à entrer dans la Résistance, que ceci lui a été refusé en raison de son jeune âge et du fait qu’il était déjà orphelin de guerre.
Question de Robin des bois :
Pourquoi le candidat du FN se laisse-t-il attaquer sur sa revendication du terroir ? Bayrou est photographié sur son tracteur, Bové fait du fromage de brebis sur le Larzac, et tout le monde applaudit, sans compter que le terroir breton en vaut bien un autre. Il me semble que c’est NS qui a revendiqué ses origines, il en a le droit, mais il faut accorder à chacun le droit de revendiquer ses racines. Allez-vous répliquer ?
Marine Le Pen : Vous avez parfaitement raison dans votre analyse, mais il y a beaucoup de choses que J.-M. Le Pen n’a pas le droit de dire. Je n’ose imaginer la bronca politico-médiatique si J.-M. Le Pen avait osé tenir sur la génétique les propos qui viennent d’être exprimés par N. Sarkozy dans "Philosophie magazine".
Question de Malik :
Bonjour Marine. Vous avez beaucoup de talent. Pourquoi mettre votre intelligence au service d’idées aussi simplistes et populistes ? Vous pourriez faire tellement mieux...
Marine Le Pen : Parce que je pense que ces idées ne sont ni simplistes ni populistes. Je pense qu’elles sont de bons sens, et les seules susceptibles de donner à la France un avenir économique et à la république une unité qu’elle est en train de perdre. Je voudrais vous mettre en garde contre le conformisme et la pensée unique qui ont fait tant de mal dans notre pays, et nous ont menés là où nous en sommes aujourd’hui.
Question de Loetiadt :
Marine quelles sont vos intentions pour les femmes battues ? J’ai porté plainte il y a de cela plusieurs années, je n’ai jamais eu de réponse, je suis divorcée aujourd’hui, et l’avenir me promet une petite retraite pour me récompenser d’avoir eu peur de divorcer.
Marine Le Pen : Le problème des femmes battues a été beaucoup instrumentalisé pendant cette campagne, pour se donner bonne conscience à peu de frais, c’est pourtant un problème réel que j’ai pu rencontrer lorsque j’étais avocat. Ce ne sont pas en l’occurrence les lois qui manquent mais les magistrats pour les appliquer, et les finances pour les exécuter. Ce domaine pourrait être amélioré assez rapidement, si tant est qu’on en ait la volonté politique. Je pense en revanche que la proposition de N. Sarkozy, de donner la nationalité française à toutes les femmes battues du monde, est en même temps une absurdité et la preuve d’un grand cynisme politique.
Question de Jarod :
Que faites-vous en tant que députée européenne ? Quel projet avez-vous défendu ?
Marine Le Pen : Comme nous n’avions pas de groupe, nous avons surtout pendant de nombreux mois combattu l’ensemble des propositions qui nous apparaissaient susceptibles d’aggraver le sort des Français. La directive Bolkenstein, dite du pays d’origine, mais aussi l’ensemble des directives qui petit à petit retirent aux Français la possibilité de décider de leur politique monétaire, de leur économie, de leur droit du travail, et de la simple maîtrise de leurs frontières, qu’elles concernent les flux humains, les importations de pays émergents ou même les normes sanitaires qui devraient être appliquées à ces produits…
Question de MEHDI :
Madame Le Pen, que préconisez-vous pour endiguer les phénomènes de getthoïsation dans certains quartiers ? Comment dès lors parler d’intégration, alors que seules des populations immigrées y sont "parquées", la plupart du temps. Il est temps d’arrêter l’hypocrisie.
Marine Le Pen : Le constat que vous faites est celui de la politique suivie par la gauche et par la droite, ensemble ou séparément, depuis trente ans. Il est constant que les banlieues soient devenues les culs-de-sac de l’immigration dans lesquels s’entassent les flux ininterrompus de gens qui entrent légalement ou illégalement dans notre pays, et à qui l’on a fait croire à l’Eldorado alors que les capacités d’accueil de la France sont saturées, et son économie, asphyxiée. Une grande politique d’aménagement du territoire serait nécessaire pour répondre à ce problème, et parallèlement à celui de la désertification qui frappe durement nos villages et nos campagnes.
Question de lulu34 :
Bonsoir, quand on parle immigration, on pense Afrique, mais actuellement ce sont des Roumains qui arrivent ; or ils sont Européens. Que comptez-vous faire pour ces gens désormais inexpulsables ?
Marine Le Pen : C’est la raison pour laquelle nous voulons récupérer la maîtrise de nos frontières, car nous sommes conscients que Shengen a supprimé à la France la capacité de décider qui entre ou se maintient sur son territoire, par exemple : M. Berlusconi et M. Zapatero ont régularisé il y a quelques mois un million cinq cent mille clandestins qui, compte tenu des règles européennes, peuvent donc s’installer demain en France, sans aucune condition particulière, et sans que l’accord du peuple français ne soit sollicité.
Question de Gilles :
Bonjour. Je me demandais si, finalement, l’accession au pouvoir de J.-M. Le Pen au second tour en 2002 n’avait pas joué contre votre camp. Je veux dire par là que cette élection a montré de manière éclatante que votre père n’avait aucune chance réelle d’être élu président de la République, et cela quel que soit le candidat qui se retrouve en face de lui. Alors, à quoi bon ? Êtes-vous condamnés à rester un parti d’opposition ? Pourquoi ne pas vous transformer en syndicat ?
Marine Le Pen : Je suis en désaccord avec cette analyse, le FN combat dans des conditions extrêmement difficiles le système depuis de très nombreuses années, mais il n’en demeure pas moins que ses idées sont en train d’enregistrer une véritable victoire idéologique, puisque l’ensemble de la classe politique donne quitus à J.-M. Le Pen sur un grand nombre des constats qu’il a pu faire et sur certaines des solutions qu’il préconise. Lorsque les Français s’apercevront que nos concurrents disent la même chose que nous pour nous empêcher de le faire, ils pourront alors faire le choix de mettre à la tête de l’État quelqu’un qui a en même temps la volonté et le courage de tenir ses promesses.
Question de Jarod :
Êtes-vous mal à l’aise quand vous pensez au fait qu’une partie de votre électorat est purement raciste ? Ne devriez-vous pas leur parler pour les calmer, au lieu de laisser planer cette atmosphère délétère ? J’ai l’impression que c’était le principal reproche de beaucoup d’élus FN qui étaient d’abord partis chez Mégret, puis maintenant chez Villiers…
Marine Le Pen : Je réfute absolument cette assertion. Il existe sûrement des gens racistes partout, et j’en ai moi même rencontré dans d’autres partis politiques. L’accusation faite au FN d’être raciste est injuste et mensongère. Beaucoup de nos compatriotes des DOM TOM par exemple commencent à se rendre compte des effets économiques et sociaux dramatiques de l’immigration clandestine. Il serait absurde de penser que pour cela ils sont racistes. Encore une fois, sortons du prêt-à-penser, des idées et des images toutes faites qui ont permis au système de se maintenir en place au détriment de l’ensemble des catégories de Français.
Question de walktheline24 :
Mme Le Pen, pensez-vous qu’une politique de " dédiabolisation " comme celle que vous essayez de mener actuellement pourra faire oublier aux Français les " dérapages " qu’a commis votre père il y a encore peu de temps ?
Marine Le Pen : Qui sont toujours jugés avec beaucoup plus de dureté que ceux de n’importe qui d’autre. Je ne sais pas à quoi vous faites référence. Ce que je sais, c’est que J.-M. Le Pen est un homme libre, que c’est une exception dans la vie politique française, et qu’il ne s’agit pas tant de dédiaboliser que de nous montrer tels que nous sommes. Si vous croyez que les six millions d’électeurs de J.-M. Le Pen sont tous des racistes, ringards, front bas, renfermés, vous connaissez mal le peuple français et ses aspirations. Moi, je crois que le peuple français est le moins raciste du monde, et le plus ouvert, probablement le plus dynamique, mais qu’il existe des limites à toute politique au-delà desquelles la survie d’un pays est en jeu. Il en est ainsi de l’ouverture absolue des frontières à l’immigration comme de l’ouverture absolue des frontières à des pays sans protection sociale, qui créent une concurrence déloyale qui va ruiner nos industries et nos secteurs économiques.
Question de Gérard Kahn :
Que pensez-vous des récentes affirmations de Nicolas Sarkozy sur la prédisposition génétique à la pédophilie et au suicide ?
Marine Le Pen : C’est une vision de la société et de l’homme en général que je ne partage pas. Je pense que chaque personne a un pouvoir sur sa vie et sur son destin, et qu’il est terrible de pouvoir penser qu’un déterminisme lui interdit de sortir d’une situation difficile ou d’échapper à la criminalité.
Question de Seb :
Marine, pensez-vous que le score probablement ridicule de Philippe de Villiers le poussera à se rapprocher du FN par la suite ?
Marine Le Pen : Très probablement, Philippe de Villiers sera contraint, si J.-M. Le Pen est au 2e tour, de courir après son électorat qui, très naturellement, se reportera sur J.-M. Le Pen. On ne peut que regretter que par orgueil il prenne le risque, même à 1 %, de faire rater le 2e tour au seul candidat qui défende des idées de souveraineté, d’identité. C’est d’autant plus incompréhensible que Philippe de Villiers recopie au mot à mot et le programme et les propositions, et même les anecdotes de J.-M. Le Pen.
Question de Julie :
Bonjour, Madame. Ma question porte sur l’indispensable réforme de l’université qui incombera au futur président. Si Jean-Marie Le Pen est élu, appliquera-t-il également une "préférence nationale" à l’entrée en première année ?
Marine Le Pen : En l’occurrence, le gros problème de l’université, c’est le problème de la valeur des diplômes. Par idéologie, on a voulu donner le bac à tout le monde et le bac ne vaut plus rien. Par idéologie, on a fait croire à tous qu’il fallait faire un bac + 3, + 4, + 5, et à la sortie, il n’y a pas d’emploi. Il faut donc retrouver la voie de la sélection pour que les diplômes aient à nouveau une valeur, la sélection par le mérite, pas par l’argent ni par les relations, et il faut parallèlement revaloriser le travail manuel ; il n’est pas naturel qu’il ait une si grande différence dans notre société entre le travail dit intellectuel et le travail dit manuel. Il faut de surcroît diriger les étudiants vers des cursus qui débouchent sur un emploi, on fabrique chaque année je ne sais combien de milliers de psychologues, alors qu’il y a une place pour dix étudiants.
Question de Garance :
Bonjour, j’ai dix ans. Je connais la chanson de Diams qui s’appelle Marine. La connaissez-vous ? Vous a-t-elle choqué ?
Marine Le Pen : Oui, Garance... Elle m’a choquée parce qu’elle dit des choses qui sont inexactes. Ainsi, elle dit : Marine, on ne pourra jamais être amies parce que ma mère est française mais que je ne suis pas née ici. Ceci est totalement faux, ne tient pas debout, et je crois qu’elle a fait cette chanson surtout pour gagner de l’argent. Au passage, Garance, c’est bourré de gros mots, tu devrais écouter autre chose.
Question de Sylvie :
Que font vos deux autres s?urs, qui semblent ne pas partager l’engagement politique de votre père ?
Marine Le Pen : Elles le partagent. Ma s?ur aînée est mère au foyer et ma s?ur cadette s’occupe de l’organisation des grandes manifestations au FN. Elle travaille dans l’ombre.
Question de Loulou :
Bonjour. Ne vous sentez-vous pas enfermée dans la "marque" Le Pen ? En effet, votre père s’est malheureusement rendu célèbre par des déclarations parfois douteuses. N’auriez-vous pas mieux fait de vous présenter sous votre nom de femme mariée ? Cordialement.
Marine Le Pen : Avec la tête que j’ai, je ne sais pas si ça aurait changé grand-chose ! J.-M. Le Pen s’est fait connaître pour bien d’autres choses que les quelques mots que vous avez voulu retenir de cinquante ans de carrière. Intéressez-vous à son parcours, à ce fils de marin-pêcheur qui s’est élevé par le mérite, à cet orphelin dont le père a sauté sur une mine allemande, à ce jeune député qui a quitté les bancs de l’assemblée pour aller s’engager en Algérie pour défendre son pays, à ce chef de petite entreprise et à ce militant politique qui malgré un héritage non négligeable, a préféré continuer à prendre des coups pour son pays plutôt que d’aller se bronzer les orteils sur une plage de Caracas.
Question de Jarod :
Un homme menacé dans son pays parce qu’il est homosexuel pourra-t-il demander l’asile politique en France ?
Marine Le Pen : L’asile politique répond à un certain nombre de conditions légales très précises, il faudrait que les homosexuels soient persécutés à la demande express du gouvernement du pays pour pouvoir rentrer dans ces conditions. Vous comprendrez que nous ne pouvons, hélas, pas, même si à titre personnel nous le voudrions toujours, sauver l’ensemble de la planète de l’ensemble de ses dérèglements politiques, de l’ensemble de la misère qui y règne, de l’ensemble des violences qui y sont commises ; c’est la raison pour laquelle il ne nous apparaît pas opportun d’élargir les conditions du droit d’asile.
Question d’Elodie :
Si votre père n’est pas au second tour, quelle sera votre consigne de vote ?
Marine Le Pen : Nous verrons au lendemain du 1er tour, mais je préfère penser que c’est la question à laquelle devra répondre l’ensemble des autres candidats.
source : Le Point.fr